Résultats du concours 2018

Pour la quatrième année consécutive, la Société canadienne de cardiologie (SCC) est fière d’annoncer les résultats du concours de 2018 pour la bourse de recherche sur la fibrillation auriculaire (FA) de la SCC. Ce programme, créé pour encourager la recherche clinique, ainsi que la recherche sur les systèmes de santé et la santé de la population dans le domaine de la FA, est devenu une importante initiative appuyant les membres de la SCC et les chercheurs en début de carrière.

Une fois de plus, trois prix de 100 000 $ ont été attribués. Depuis 2015, la SCC et ses partenaires pour le programme, l’Alliance Bristol-Myers Squibb/Pfizer, ont investi plus de 1,200, 000 $ dans ce programme.

Toutes les propositions sont examinées par un comité d’examen indépendant par les pairs composé des membres de la SCC. Nous sommes heureux de voir que tous les projets ont été financés pour la totalité des montants recommandés. Les bourses couvrent les salaires, les fournitures ou l’équipement. La date de commencement pour ces bourses a été fixée au 1er juillet 2018. Les chercheurs principaux sont nommés ci-dessous. Les codemandeurs ou les auteurs supplémentaires peuvent également être associés à ces subventions.

Andrew Ha
 
  Douglas Lee

Chercheurs principaux : Andrew Ha et Douglas Lee, Université de Toronto, Toronto (Ontario)

Titre de la proposition : Association entre l’utilisation d’anticoagulants oraux et les résultats chez les patients plus âgés présentant une nouvelle fibrillation auriculaire postopératoire après la chirurgie cardiaque : une analyse basée sur la population de l’Ontario, Canada

Montant de la bourse : 100 000 $

Mandat : juillet 2018 à juillet 2020

Résumé : La fibrillation auriculaire postopératoire (FAPO) survient surtout à la suite d’une chirurgie cardiaque et est associée à des effets indésirables (p. ex., AVC/mort) à la fois dans le cadre du suivi à court terme et à long terme. Bien qu’il existe des données probantes appuyant le recours à un traitement anticoagulant oral afin de réduire le risque d’AVC chez les patients dans le contexte non chirurgical, il n’est toujours pas clair si ces bienfaits peuvent être reproduits chez la population de patients atteints de FAPO. Par conséquent, les recherches portant sur les risques et bienfaits à court et long terme associés au traitement anticoagulant oral chez les patients atteints de FAPO à la suite d’une chirurgie cardiaque viendront informer la pratique clinique. Objectifs : Nous souhaitions examiner l’association entre le recours à un traitement anticoagulant oral précoce (versus le non-recours) chez les patients atteints de FAPO à la suite d’une chirurgie cardiaque et les effets indésirables (p. ex., AVC/mort/saignement). De plus, nous examinerons également l’association entre le recours à un traitement anticoagulant oral à long terme (versus l’arrêt du médicament) et les résultats cliniques chez les patients ayant reçu un anticoagulant oral visant à traiter une FAPO à la suite d’une chirurgie cardiaque. Méthodes : Analyse rétrospective menée à l’aide de données de santé administratives de l’Ontario, Canada. Nous inclurons des patients ayant subi une chirurgie cardiaque (âgés ≥ 66 ans) présentant une nouvelle FAPO. Les données portant sur le recours au traitement anticoagulant oral seront recueillies à partir de la Base de données du Programme de médicaments de l’Ontario. Les résultats cliniques seront déterminés grâce à des liens avec des bases de données comme la Base de données sur les personnes inscrites (BDPI) et la Base de données sur les congés des patients (BDCP) de l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS). Nous aurons recours à des modèles de régression multivariés (Cox) afin d’examiner l’association entre l’utilisation d’un anticoagulant oral et les résultats cliniques. Impact : Les résultats de cette étude fourniront d’importants renseignements sur les conséquences du traitement anticoagulant oral chez les patients atteints de FAPO à la suite d’une chirurgie cardiaque. Les résultats pourraient informer la pratique clinique et/ou la conception d’essais aléatoires dans le domaine.


Jacqueline Joza
 
  Dr Jonathan Afilalo

Chercheurs principaux : Jacqueline Joza et Jonathan Afilalo, Université McGill, Montréal (Québec)

Titre de la proposition : Association de la masse musculaire avec l’activité d’anticoagulants oraux directs chez les adultes plus âgés

Montant de la bourse : 100 000 $

Mandat : juillet 2018 à juillet 2021

Résumé : Les anticoagulants oraux directs (AOD) sont de plus en plus utilisés afin de traiter la fibrillation auriculaire (FA) chez les adultes plus âgés, toutefois des incertitudes subsistent quant à la prise en charge du risque d'AVC et du risque significatif de saignement chez les patients fragiles. Alors que les recommandations posologiques en vigueur sont déterminées en fonction du poids corporel total, les concentrations plasmatiques de ces médicaments hydrophiles sont plutôt déterminées en fonction de la masse musculaire maigre. En présence de perte de masse musculaire liée à l’âge, que l’on appelle sarcopénie, les AOD sont moins distribués dans les tissus maigres et davantage distribués dans le plasma. Nous avons mené une étude pilote auprès de 62 patients et nous avons démontré que les patients sarcopéniques présentent un risque quatre fois plus élevé d’obtenir des concentrations plasmatiques d’AOD dépassant le seuil thérapeutique. En fonction du lien pharmacocinétique entre la masse maigre et les concentrations d’AOD, nous avons émis l’hypothèse que les adultes sarcopéniques plus âgés présentent un risque plus élevé de complications hémorragiques. L’étude actuelle mettra cette hypothèse à l’épreuve en recrutant 500 adultes plus âgés atteints de FA et en mesurant leur masse musculaire par bioimpédance et leurs concentrations d’AOD à l’aide d’un essai anti-facteur Xa validé. Nous effectuerons un suivi longitudinal auprès des patients afin de surveiller toute survenue de complications hémorragiques majeures ou non majeures et faire les ajustements nécessaires en fonction des facteurs de confusion. Le contexte de l'étude représentera les pratiques cardiologiques universitaires et communautaires de Montréal. Si notre hypothèse est juste, cela pourrait mener à de futurs essais cliniques aléatoires visant à évaluer l’innocuité et l’efficacité de la réduction de la dose d’AOD déterminée en fonction de la masse musculaire. Dans le domaine de la posologie, le concept de « taille unique » est graduellement remplacé par des stratégies visant à offrir une « médecine personnalisée », surtout au sein du groupe hétérogène de patients fragiles plus âgés.


Jorge Wong
 
  Stuart Connolly

Chercheurs principaux : Jorge Wong et Stuart Connolly, Université McMaster, Hamilton (Ontario)

Titre de la proposition : Fibrillation auriculaire subclinique chez les patients atteints d’insuffisance cardiaque avec fraction d’éjection préservée et un risque de réhospitalisation pour insuffisance cardiaque

Montant de la bourse : 100 000 $

Mandat : juillet 2018 à juillet 2020

Résumé : L’insuffisance cardiaque (IC) représente l’une des principales causes d’hospitalisation et les taux de réadmission à la suite du congé sont élevés. L’hospitalisation liée à l’IC est associée à un taux élevé de mortalité et à des coûts de soins de santé. La moitié des hospitalisations liées à l’IC constituent des cas de patients atteints d’IC avec fraction d'éjection préservée (ICFEP). L’ICFEP est difficile à prendre en charge et il n’existe aucun traitement dont l’efficacité a été démontrée. L'élaboration de nouvelles stratégies visant à réduire le taux de réhospitalisation liée à l’IC chez les patients atteints d’ICFEP pourrait révolutionner les soins prodigués à cette population de patients dont les options de traitements fondées sur des données probantes sont peu nombreuses. La fibrillation auriculaire (FA) subclinique fait référence à de courts épisodes de FA asymptomatiques qui ne sont habituellement que signalés dans le cadre d’une surveillance cardiaque à long terme. La FA constitue une cause importante de l'exacerbation de l’IC, toutefois, dans plus de la moitié des cas, la cause de l’exacerbation de l’IC ne peut être identifiée. Nous émettons l’hypothèse que la FA subclinique est largement répandue chez les patients atteints d’ICFEP et que cela est temporairement associé à l’exacerbation de l’IC. Objectifs : Déterminer le taux de prévalence de la FA subclinique ≥ 30 minutes chez les patients atteints d’ICFEP et examiner le lien entretenu avec le taux de réhospitalisation liée à l’IC. Méthodes : Nous recruterons de façon prospective 240 patients issus de trois hôpitaux de la région d’Hamilton. Les patients présentant des antécédents d’ICFEP qui sont admis pour cause de diagnostic principal d’IC décompensée aiguë, mais qui ne présentent aucun antécédent de FA, seront admissibles à l’étude. Les patients feront l’objet d’une surveillance visant à détecter toute survenue de FA subclinique pendant une période de 28 jours suivant le congé. Le résultat principal est la réadmission pour cause d’IC après 30 jours. Justification : Cette étude contribuera à fournir des données clés qui pourront informer la conception d’essais contrôlés aléatoires visant à déterminer si oui ou non la surveillance de la FA subclinique chez les patients atteints d’ICFEP et l’intervention précoce au cours du mois suivant le congé d’hôpital viennent réduire le taux de réadmission de 30 jours.

 

     
     
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