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Prix d’excellence en recherche

Ce prix a été instauré en 1982 afin de souligner l’excellence en recherche. Cette reconnaissance est offerte à un chercheur de carrière qui se penche sur un aspect de la recherche cardiovasculaire au Canada. Les nominations en vue de ce prix prestigieux proviennent non seulement des membres, mais également des doyens des écoles de médecine et des directeurs d’instituts de recherche et de programmes de cardiologie de tout le pays.

Dr Philippe Pibarot Philippe Pibarot

Sténose aortique : de passive à active

Après avoir obtenu son diplôme de médecine vétérinaire en France, le docteur Philippe Pibarot, professeur de médecine à l'Université Laval et président de la chaire de recherche sur les maladies valvulaires cardiaques, a complété un internat à l'Université de Montréal où, pour joindre les deux bouts, il a commencé à travailler avec le docteur Louis-Gilles Durand sur les prothèses valvulaires pour humains.

« C'était de la chirurgie à cœur ouvert de haute voltige », se rappelle le docteur Pibarot. « J'étais fasciné. »

Tellement qu'à la première occasion, il supplia le docteur Durand de lui donner un travail. Grâce à ce dernier, le docteur Pibarot a rencontré un cardiologue renommé, le docteur Jean Dumesnil. Depuis lors, ces trois collègues travaillent sur la sténose aortique et les prothèses valvulaires.

En Amérique du Nord, la sténose aortique (la maladie valvulaire la plus courante) cause 20 000 décès par an. Il n'existe aucun médicament capable de ralentir ou bloquer sa progression. Jusqu'à tout récemment, la chirurgie de remplacement de la valve était la seule solution. Et pour cette chirurgie majeure à cœur ouvert, il est crucial de procéder au bon moment dans le cours de la maladie : ni trop tôt, ni trop tard. Pibarot, Dumesnil et leurs collaborateurs ont fait appel à l'échocardiographie-Doppler pour mettre au point des marqueurs permettant d'obtenir une évaluation plus précise de la sévérité de la maladie. Ces marqueurs novateurs aident les cardiologues à déterminer le meilleur moment pour l'opération et la prothèse la plus appropriée pour le patient en cause.

« Nous utilisons l'échocardiographie-Doppler tous les jours — c'est notre stéthoscope! », a dit le docteur Pibarot. « Nous pouvons suivre la morphologie et la fonction des valves, ou mesurer la présence et quantifier la sévérité de la dysfonction. Tout ceci de façon non invasive et au moment souhaité. »

Jusqu'à tout récemment, la sténose aortique était méconnue et passait pour un processus passif — l'effet inévitable du vieillissement et de l'usure. Aujourd'hui, grâce en partie à la recherche de l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec, elle est maintenant reconnue comme une maladie active, dont l'évolution pourrait éventuellement être modifiable. À la recherche d'un médicament qui remplacerait la chirurgie — une drogue qui arrêterait la calcification dans la valve seulement et non dans les os — l'équipe sous la direction de Pibarot et de Patrick Mathieu a été la première à établir le lien entre l'obésité viscérale et la SA. On notait également que chez les patients ayant un excès de graisse viscérale, les prothèses valvulaires dégénéraient plus rapidement que chez les autres personnes non obèses.

Après que Pibarot et coll. aient publié un important article sur la disproportion patient-prothèse (orifice de prothèese trop petit pour la taille du patient), il a réalisé qu'il était essentiel de mieux communiquer le message.

« Avec l'aide de la SCC et de la Société canadienne d'échocardiographie, nous avons pu livrer le bon message aux bonnes personnes, au bon moment », reconnaissait-il. « Les deux sociétés ont fait des efforts énormes pour améliorer le transfert des connaissances entre leurs membres. »

« Je reçois ces prix au nom de tous mes étudiants et collaborateurs. C'est une reconnaissance de tous nos efforts conjoints », affirme Pibarot.

« Travailler avec ces personnes ayant une telle diversité de formations, d'expertises et de visions a été une grande source d'inspiration et de motivation », a-t-il. « Une des clés de mon succès est que mes collaborateurs sont devenus de bons amis et vice versa. »